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Comment fonctionne l’assurance-vie caritative en Suisse ?

Fonctionnement en Suisse, avantages fiscaux, étapes clés et stratégies pour intégrer l’assurance-vie à un projet philanthropique.

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Introduction

L’assurance-vie à but caritatif peut sembler technique, mais son principe de base est simple. Elle consiste à utiliser un contrat d’assurance-vie pour soutenir une cause d’intérêt général, soit en désignant une organisation caritative comme bénéficiaire, soit en intégrant le contrat lui-même dans une démarche de donation. En Suisse, cette approche peut s’inscrire de façon cohérente dans une stratégie de succession, de philanthropie et d’optimisation fiscale, à condition d’être structurée correctement.
Selon le Rapport sur les fondations en Suisse 2025, la Suisse compte 12 722 fondations d’utilité publique, et les fondations donatrices distribuent plus de 6 milliards de francs suisses par an. Cela fait de la Suisse l’un des marchés philanthropiques les plus dynamiques d’Europe, en particulier pour les personnes qui souhaitent relier la gestion de leur patrimoine à un impact durable.
Le point important à comprendre est que l’expression “charitable gift life insurance” ne correspond pas à un produit juridique suisse précis. Il s’agit avant tout d’une stratégie de planification. La vraie question n’est donc pas : « Peut-on souscrire une assurance suisse spécialement conçue pour les dons caritatifs ? » La vraie question est plutôt : « Comment utiliser un contrat d’assurance-vie existant ou nouveau pour soutenir une institution caritative reconnue en Suisse, d’une manière fiscalement pertinente et compatible avec le droit successoral ? »

Qu’est-ce que l’assurance-vie à vocation caritative ?

L’assurance-vie à vocation caritative est une stratégie de donation qui utilise un contrat d’assurance-vie pour financer un don futur à une organisation d’intérêt général. Dans sa forme la plus simple, vous conservez le contrat et vous désignez une organisation caritative comme bénéficiaire. À votre décès, l’assureur verse alors le capital décès à cette organisation. Dans une version plus avancée, vous pouvez transférer le contrat à l’organisme concerné ou intégrer cette démarche dans une stratégie philanthropique plus large.
Cette solution séduit de nombreux donateurs pour une raison simple : elle permet souvent de prévoir un don futur plus important qu’un versement en espèces réalisé aujourd’hui, tout en vous laissant la possibilité de protéger vos proches et d’organiser votre patrimoine de votre vivant. C’est aussi une manière claire et structurée de transformer un actif personnel en un legs porteur de sens.

Pourquoi ce sujet est important en Suisse

En Suisse, les donateurs ont de vraies raisons de structurer leur démarche avec soin. Au niveau fédéral, les dons versés à des organisations caritatives suisses exonérées d’impôt sont en général déductibles jusqu’à 20 % du revenu net, avec un seuil minimal total de 100 CHF pour l’impôt fédéral direct. Les règles cantonales peuvent varier, mais de nombreux cantons appliquent également ce plafond de 20 %.
Genève est particulièrement intéressante dans ce contexte. Le canton de Genève précise que les dons effectués en faveur d’institutions suisses exonérées pour cause d’utilité publique peuvent être déduits du revenu ou du bénéfice imposable, généralement jusqu’à 20 % du revenu net ou du bénéfice imposable. Genève indique aussi que les successions, legs et donations accordés à des institutions suisses exonérées pour cause d’utilité publique sont exonérés des droits de succession et de donation.
Cela ne signifie pas pour autant que toute stratégie caritative fondée sur une assurance donne automatiquement droit à une déduction fiscale immédiate. Un don direct à une organisation éligible peut généralement ouvrir droit à une déduction sur le revenu si les conditions habituelles sont remplies. En revanche, désigner une organisation caritative comme bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie fonctionne le plus souvent comme un legs successoral : l’effet principal, sur le plan fiscal et patrimonial, se matérialise au moment du décès, et non sous la forme d’une déduction automatique dès l’année où le bénéficiaire est modifié.

Comment l’assurance-vie à vocation caritative fonctionne en pratique

En Suisse, il existe trois grandes façons d’utiliser une assurance-vie dans le cadre d’une donation caritative.

1. Désigner une organisation caritative comme bénéficiaire

C’est la solution la plus simple et la plus directe. Vous restez propriétaire du contrat, vous payez les primes, et vous désignez une organisation caritative éligible comme bénéficiaire de tout ou partie du capital décès. Cela vous permet de garder le contrôle pendant votre vie et, si la désignation est révocable, de modifier ce choix par la suite. C’est souvent le point de départ le plus accessible pour les donateurs qui recherchent de la souplesse.
Cette approche convient particulièrement bien si vous souhaitez laisser un héritage philanthropique sans réduire votre liquidité actuelle. Au lieu d’effectuer un don important en espèces dès aujourd’hui, vous utilisez les primes pour créer un futur soutien au profit d’une cause d’intérêt général.

2. Transférer le contrat à l’organisation caritative

Une autre possibilité consiste à transférer la propriété du contrat directement à l’organisation caritative. Cette option peut avoir un impact plus fort sur le plan philanthropique, car l’organisme devient propriétaire du contrat et peut souvent percevoir les prestations de manière directe. En contrepartie, vous renoncez au contrôle sur le contrat. En pratique, cette solution se rapproche davantage d’une donation directe que d’une simple désignation de bénéficiaire.
Cette option peut être pertinente si votre engagement philanthropique est déjà clairement défini et que vous souhaitez que ce don fasse partie intégrante des ressources de l’organisation ou de sa stratégie de long terme. Comme les questions de propriété, de valorisation et de traitement fiscal peuvent devenir plus complexes, l’accompagnement par un conseiller juridique ou fiscal devient alors essentiel. C’est d’autant plus vrai si le contrat comporte une valeur de rachat ou des éléments transfrontaliers.

3. Intégrer l’assurance-vie dans une stratégie philanthropique plus large

En Suisse, certains donateurs ne souhaitent pas verser directement les fonds à une seule organisation opérationnelle. Ils préfèrent passer par une fondation abritante ou une structure de type donor-advised fund. La Swiss Philanthropy Foundation présente ce type de fonds comme une alternative souple à la création d’une fondation privée, et UBS propose également un modèle suisse de fondation abritante utilisable du vivant du donateur ou dans un cadre successoral.
Cette solution est importante pour les personnes qui souhaitent garder de la flexibilité quant à l’affectation future des fonds, et pas seulement choisir une institution précise dès le départ. Dans ce cas, le capital versé par l’assurance-vie peut être orienté vers un véhicule philanthropique plus large, selon la structure retenue et le cadre juridique mis en place.

Les avantages de l’assurance-vie caritative

Le premier avantage est l’effet de levier. Grâce aux primes versées, il est parfois possible de prévoir un don futur plus important que si vous affectiez le même montant à une donation en espèces aujourd’hui. C’est ce qui séduit les personnes qui souhaitent avoir un impact réel sans mobiliser immédiatement une somme importante.
Le deuxième avantage est la maîtrise. Si vous conservez la propriété du contrat et que vous vous contentez de désigner une organisation caritative comme bénéficiaire, vous gardez souvent une certaine flexibilité de votre vivant, sous réserve des conditions du contrat et du caractère révocable ou irrévocable de la désignation.
Le troisième avantage est la clarté successorale. Le versement d’un capital d’assurance-vie est plus simple à définir qu’une intention philanthropique formulée de manière générale dans une discussion familiale. Lorsqu’il est bien documenté, il permet de transformer un simple souhait de soutenir une cause un jour en un mécanisme de financement concret.
Le quatrième avantage est la dimension stratégique du don. Si vous recherchez plus qu’une donation ponctuelle, les structures suisses de type donor-advised fund ou fondation abritante peuvent offrir davantage de continuité, de gouvernance et de facilité pour impliquer la famille. La Swiss Philanthropy Foundation explique que les donor-advised funds permettent aux donateurs de choisir les causes, les organisations et les régions soutenues, tandis que la fondation prend en charge les vérifications, l’administration et le suivi comptable. UBS met en avant une logique comparable avec son modèle de fondation abritante.

Mettre en place une assurance-vie caritative en Suisse

Mettre en place une assurance-vie à vocation caritative en Suisse ne consiste pas seulement à choisir un contrat. Il s’agit d’aligner vos objectifs financiers, juridiques et personnels dans une structure claire et cohérente.
Voici une approche étape par étape pour le faire correctement.

Étape 1 : Définir d’abord votre objectif philanthropique

Commencez par l’intention, pas par le produit.
Déterminez ce que vous souhaitez accomplir avec votre donation :
  • soutenir une organisation caritative précise ;
  • répartir les fonds entre plusieurs organismes ;
  • construire une stratégie philanthropique plus large via une fondation.
Cette première décision orientera la structure de votre contrat.

Étape 2 : Vérifier que l’organisation est éligible

Toutes les organisations ne donnent pas droit aux mêmes avantages fiscaux.
Pour que votre donation soit efficace et fiscalement pertinente, l’organisme doit en principe :
  • être établi en Suisse ;
  • être officiellement exonéré d’impôt ;
  • poursuivre un but reconnu d’utilité publique ou caritatif.
Le choix du bon bénéficiaire est essentiel, tant pour la conformité que pour le traitement fiscal.

Étape 3 : Examiner votre situation familiale et les réserves héréditaires

Avant de désigner une organisation comme bénéficiaire, prenez le temps d’évaluer votre situation familiale.
Si vous avez :
  • un conjoint ou un partenaire enregistré ;
  • des enfants,
votre projet doit respecter les règles suisses relatives aux réserves héréditaires.
Même après la réforme de 2023, les parts protégées existent toujours. Négliger ce point peut entraîner des conflits juridiques par la suite.

Étape 4 : Choisir la bonne structure pour votre contrat

Une fois vos objectifs et vos contraintes bien définis, il faut déterminer comment le contrat sera structuré.
Les options les plus courantes incluent :
  • la désignation révocable du bénéficiaire : elle offre davantage de souplesse et peut être modifiée dans le temps ;
  • la désignation irrévocable : elle apporte plus de sécurité à l’organisation bénéficiaire ;
  • le transfert de propriété du contrat à une organisation caritative : l’organisme devient alors directement propriétaire du contrat ;
  • une structure via une fondation abritante ou un donor-advised fund : adaptée à une stratégie philanthropique de long terme et plus structurée.
Chaque option a des effets différents en matière de contrôle, de fiscalité et de risque juridique.

Étape 5 : Aligner tous les documents juridiques et financiers

Votre contrat d’assurance-vie ne doit pas être traité de manière isolée.
Pour éviter les incohérences, il doit être aligné avec :
  • la désignation du bénéficiaire ;
  • votre testament ;
  • tout pacte successoral éventuel ;
  • votre stratégie fiscale globale.
Cette étape permet de s’assurer que vos intentions philanthropiques sont clairement formulées et juridiquement applicables.

Étape 6 : Faire valider la structure par un conseiller

Avant de finaliser la mise en place, il est préférable de faire relire l’ensemble par un professionnel.
Un conseiller expérimenté peut vous aider à :
  • valider la structure juridique ;
  • vérifier la conformité avec les règles suisses ;
  • optimiser les effets fiscaux ;
  • limiter les risques de conflit avec les héritiers.
Cette dernière étape permet de transformer une bonne intention en un dispositif solide et bien exécuté.

Besoin d’aide pour choisir la bonne structure à Genève ?

Assurance Genevoise vous aide à évaluer les solutions d’assurance-vie, le choix du bénéficiaire et la cohérence avec votre planification successorale, afin que vos objectifs philanthropiques s’inscrivent dans le cadre juridique et fiscal suisse.

Quelles organisations caritatives sont éligibles ?

Du point de vue fiscal suisse, l’option la plus sûre consiste à choisir une institution établie en Suisse et exonérée d’impôt au titre d’un but caritatif ou d’utilité publique. UBS rappelle que les bénéficiaires reconnus doivent poursuivre un objectif caritatif, être domiciliés en Suisse et être exonérés d’impôt. Genève exprime la même idée dans un langage plus juridique, en liant la déductibilité aux institutions exonérées pour cause d’utilité publique.
En pratique, cela implique deux choses. D’abord, si votre objectif est d’optimiser le traitement fiscal, il ne faut pas partir du principe que toute organisation à but non lucratif est automatiquement éligible. Ensuite, si vous souhaitez soutenir une cause internationale, il est souvent plus pertinent de passer par l’entité suisse d’une organisation internationale ou par une structure philanthropique suisse capable de gérer des dons transfrontaliers. UBS précise d’ailleurs que les dons effectués à l’étranger ne sont pas déductibles fiscalement, tandis que la Swiss Philanthropy Foundation propose des solutions adaptées à la philanthropie transfrontalière.

Quels sont les avantages fiscaux ?

Impôt sur le revenu

Pour les dons ordinaires effectués du vivant du donateur, qu’ils soient en espèces ou en nature, les règles fiscales fédérales permettent en principe une déduction allant jusqu’à 20 % du revenu net, sous réserve d’un seuil minimal de 100 CHF. De nombreux cantons appliquent une logique similaire, même si ce n’est pas le cas partout. UBS souligne d’ailleurs des différences selon les cantons, avec parfois des plafonds plus bas, alors que d’autres, comme Bâle-Campagne, admettent des déductions sans limite.
Dans le cas d’une stratégie fondée sur l’assurance-vie, le résultat fiscal dépend surtout de la manière dont elle est mise en place. Si vous vous contentez de désigner une organisation caritative comme bénéficiaire, cela relève généralement davantage de la planification successorale que d’une déduction immédiate au titre d’un don effectué dans l’année. En revanche, si vous transférez la propriété du contrat ou si le paiement des primes est structuré de façon à constituer une véritable donation à une organisation reconnue, le traitement fiscal peut être différent. Dans ce cas, une analyse au cas par cas reste nécessaire. Les sources publiques suisses sont claires sur la déductibilité des dons effectifs, mais ne prévoient pas de déduction automatique pour toute structure caritative liée à une assurance-vie.

Droits de succession et de donation

La Suisse ne connaît pas d’impôt fédéral sur les successions. En revanche, la plupart des cantons prélèvent des droits de succession, à l’exception notamment d’Obwald et de Schwytz, avec des règles qui varient d’un canton à l’autre. Dans de nombreux cantons, les proches parents bénéficient d’une exonération totale ou partielle.
Pour les donations à caractère caritatif, la règle genevoise est particulièrement intéressante. À Genève, les successions, legs et donations consentis à des institutions suisses exonérées pour cause d’utilité publique sont exonérés des droits de succession et de donation. Cela montre bien pourquoi la désignation d’une organisation caritative comme bénéficiaire peut constituer une stratégie pertinente dans le contexte suisse.

Peut-on désigner une organisation caritative comme bénéficiaire ?

En règle générale, oui. Le droit successoral suisse permet de transmettre des biens à des institutions, et pas uniquement à des membres de la famille, au moyen d’un testament ou d’un pacte successoral. En revanche, cette liberté reste encadrée par les règles relatives aux réserves héréditaires. Depuis la révision du droit successoral en 2023, les personnes disposent d’une plus grande marge de manœuvre sur la part disponible de leur succession. Toutefois, le conjoint, le partenaire enregistré et les descendants conservent des droits protégés.
Ce point est particulièrement important dans le cadre d’une assurance-vie. Les textes juridiques suisses liés à la réforme successorale précisent qu’une assurance en cas de décès peut faire l’objet d’une action en réduction, sur la base de sa valeur de rachat, si elle porte atteinte aux droits des héritiers réservataires. En d’autres termes, il ne faut pas partir du principe que le simple fait de désigner une organisation caritative comme bénéficiaire permet d’écarter automatiquement les droits des héritiers protégés.
Vous pouvez donc désigner une organisation caritative comme bénéficiaire en Suisse. En revanche, si votre situation familiale comprend un conjoint, un partenaire enregistré ou des enfants, cette désignation doit être examinée à la lumière des règles suisses sur les réserves héréditaires. La réforme de 2023 a apporté plus de souplesse, mais elle n’a pas supprimé ces limites.

Quels sont les principaux risques ?

Le principal risque consiste à penser qu’une désignation de bénéficiaire permet de contourner les règles suisses sur les réserves héréditaires. Ce n’est pas le cas. Si les héritiers réservataires sont lésés, une action en réduction peut être engagée. C’est pourquoi une assurance-vie à vocation caritative ne doit jamais être mise en place indépendamment du reste de votre planification successorale.
Le deuxième risque est de supposer que l’organisation choisie ouvre automatiquement droit à des avantages fiscaux. En Suisse, les règles visent avant tout les institutions reconnues, établies en Suisse et exonérées d’impôt. Une cause légitime ne suffit pas, à elle seule, si l’objectif est aussi d’optimiser le traitement fiscal.
Le troisième risque est de confondre donation caritative et don privé. UBS rappelle que les donations à des organismes caritatifs et les dons faits à des personnes privées ne sont pas imposés de la même manière. Si une somme ou une valeur est transmise à une personne privée plutôt qu’à une institution éligible, des questions de droits de donation peuvent se poser selon le canton et le lien de parenté.
Le quatrième risque est de choisir une structure inadaptée dans un contexte transfrontalier, que ce soit pour la famille ou pour le patrimoine. En Suisse, la fiscalité varie selon les cantons, et les successions internationales peuvent aussi soulever des questions de double imposition ou de droit applicable lorsque des personnes ou des biens se trouvent à l’étranger.

À qui cette stratégie peut-elle convenir ?

Cette stratégie convient aux personnes qui souhaitent donner du sens à leur patrimoine sans pour autant verser immédiatement une somme importante. Elle peut aussi intéresser les assurés qui disposent déjà d’un contrat d’assurance-vie et veulent l’intégrer dans une logique philanthropique, plutôt que de le laisser sans réelle fonction au fil de l’évolution de leur situation successorale.
Elle peut également être pertinente pour les familles disposant d’un patrimoine important, les dirigeants d’entreprise ou les résidents internationaux à Genève et dans d’autres grands cantons suisses, qui réfléchissent déjà en termes de succession, de gouvernance familiale et de philanthropie à long terme. Grâce à la solidité de l’écosystème suisse des fondations et aux solutions de fondations abritantes, il est souvent plus simple qu’on ne l’imagine de mettre en place une stratégie de donation structurée.

Un exemple simple en Suisse

Imaginons que vous souhaitiez soutenir une organisation suisse active dans le domaine de l’éducation, sans pour autant mobiliser 200 000 CHF en espèces aujourd’hui. Vous conservez alors votre contrat d’assurance-vie et vous désignez cette organisation comme bénéficiaire d’une partie du capital décès. Pendant votre vie, vous préservez ainsi votre liquidité pour votre famille, votre logement ou vos projets professionnels. Au moment du décès, l’organisation reçoit le montant prévu dans le contrat ou dans la clause bénéficiaire.
Cette approche peut être pertinente si elle est vérifiée au regard des règles sur les réserves héréditaires et si le bénéficiaire est bien une institution suisse reconnue et exonérée d’impôt. Si vous souhaitez davantage de souplesse, le bénéficiaire peut aussi être une structure philanthropique suisse plus large, comme une fondation abritante, plutôt qu’une seule organisation opérationnelle.

Assurance-vie à vocation caritative ou autres options de donation

Une donation directe est généralement plus simple si votre objectif principal est d’obtenir une déduction immédiate sur le revenu imposable et d’avoir un impact dès aujourd’hui. En Suisse, les règles fiscales applicables aux dons classiques sont aussi plus faciles à documenter.
Un testament ou une clause de legs peut être plus adapté si vous ne disposez pas déjà d’une assurance-vie ou si vous ne souhaitez pas en souscrire une. Le droit successoral suisse permet clairement de transmettre des biens à des institutions par voie testamentaire, sous réserve du respect des réserves héréditaires.
Une structure de type donor-advised fund ou fondation abritante peut être plus pertinente si vous souhaitez impliquer durablement votre famille, soutenir plusieurs causes, bénéficier d’un cadre de gouvernance et simplifier la gestion administrative. La Swiss Philanthropy Foundation comme UBS présentent ces solutions comme des alternatives souples à la création d’une fondation indépendante.
L’assurance-vie se situe souvent entre ces différentes approches. Elle est particulièrement intéressante lorsque vous souhaitez prévoir une donation future significative sans trop peser sur votre liquidité actuelle.

Conclusion

L’assurance-vie à vocation caritative peut fonctionner de manière très efficace en Suisse, mais ce n’est pas une solution à mettre en place de façon automatique. Le principe est simple. Sa mise en œuvre l’est beaucoup moins. Les donateurs en Suisse bénéficient d’un cadre favorable à la philanthropie, d’un écosystème solide de fondations, de solutions de type donor-advised fund et d’outils clairs en matière de planification successorale. Mais le résultat dépend de trois éléments essentiels : l’organisation choisie doit être éligible, la structure doit être cohérente sur le plan fiscal, et l’ensemble doit respecter les règles sur les réserves héréditaires.
Lorsque ces conditions sont réunies, l’assurance-vie peut devenir plus qu’un simple outil de protection. Elle peut aussi devenir un véritable instrument de transmission, au service à la fois de votre stratégie familiale et de vos convictions philanthropiques.